Communiqué de presse                                                        Paris, le 14 novembre 2003

 

Antares : télescope à neutrinos sous-marin en Méditerranée

Inauguration de la station Antares

 

Claudie Haigneré, ministre déléguée à la recherche et aux nouvelles technologies et Guido Possa, vice ministro delegato per la ricerca, représentant Letizia Moratti, ministro dell’Istruzione, dell’Università e della Ricerca inaugurent, le 18 novembre à La Seyne-sur-Mer (Var), la station Antares, en présence de Michel Vauzelle, président du Conseil régional Provence Alpes Côte d’Azur, Horace Lanfranchi, président du Conseil général du Var, docteur Arthur Paecht, maire de La Seyne-sur-Mer, 1er vice-président du Conseil général du Var, Michel Laurent, président de l’université de la Méditerranée, Domitien Debouzie, président de l’université Claude Bernard Lyon I, Bernard Bigot, haut-commissaire à l’énergie atomique, Enzo Iarocci, presidente dell’Istituto Nazionale di Fisica Nucleare, Bernard Larrouturou, directeur général du Centre national de la recherche scientifique, Jean-François Minster, président-directeur général de l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer.

Initié il y a sept ans, le projet Antares est le fruit d’une collaboration entre plusieurs laboratoires européens. Son objectif est de détecter et d’étudier les neutrinos cosmiques de très haute énergie en Méditerranée. Ce télescope sous-marin sera opérationnel en 2006.

Les neutrinos cosmiques sont des particules élémentaires qui interagissent faiblement avec la matière et peuvent ainsi parcourir de longues distances dans l’Univers sans être absorbées par les milieux intergalactiques. Ils constituent un moyen privilégié pour sonder l'Univers lointain, de manière complémentaire au rayonnement électromagnétique. Ils pourraient également nous informer de façon indirecte sur la nature de la masse cachée de l'Univers.

étant donné leur très faible taux d'interaction avec la matière, il faut utiliser, pour les détecter, des cibles de grande masse qui doivent être blindées contre le rayonnement cosmique. En effet, ce dernier bombarde constamment tout site terrestre et représente un bruit de fond important. C'est ainsi que les fonds marins qui offrent un blindage naturel de par leur profondeur constituent un environnement idéal pour la détection des neutrinos. Dans l'expérience Antares, un millier de photodétecteurs sont immergés en Méditerranée, sur un site choisi, au sud de l’île de Porquerolles (Var), pour la qualité de ses eaux, à une profondeur de 2 400 m. Ces photodétecteurs sensibles et orientés vers le sol vont capter la lumière émise par les produits des neutrinos qui ont traversé la Terre et interagir avec elle au voisinage du fond marin. Cette disposition va leur permettre d’étudier le ciel de l’hémisphère sud qui inclut le centre galactique, lieu de plusieurs phénomènes énergétiques intenses. Ces grands dispositifs peuvent ainsi être appelés "télescopes à neutrinos".

Le programme d’Antares prévoit la réalisation d'un détecteur de 0,1 km2, prélude à un futur télescope de 1 km2 constitué d'une matrice tridimensionnelle couvrant un volume effectif de 1 km3. Un tel ensemble devrait être capable d’identifier suffisamment d’événements de neutrinos cosmiques par an pour découvrir les principales sources de neutrinos de haute énergie de l’Univers et ouvrir ainsi l'ère de l'astronomie neutrino.

Antares sera aussi un véritable observatoire pluridisciplinaire en Méditerranée profonde intéressant l’océanologie, la biologie marine et la sismologie.

Pour la conception et l’installation du détecteur, le projet Antares bénéficie du savoir-faire et des compétences de nombreuses entreprises régionales spécialisées dans les technologies marines.

Antares est une collaboration composée de 14 laboratoires européens qui ont été attirés par la qualité des infrastructures scientifiques et technologiques de la région. Elle est constituée d’équipes françaises, britanniques, italiennes, allemandes, espagnoles, néerlandaises et russes. Elle regroupe plus de 200 scientifiques. Elle rassemble en France des chercheurs, ingénieurs et techniciens du CEA (DSM/Dapnia), du CNRS (IN2P3 et INSU), des universités – de Toulon et du Var (La Garde), de la Méditerranée (Marseille), de Haute-Alsace (Mulhouse), de Denis Diderot Paris 7 (Paris) et Louis Pasteur (Strasbourg) – ainsi que des experts du milieu et des techniques liées à la mer de l’Ifremer. Le Centre de physique des particules de Marseille (CPPM) sert d’appui local à la collaboration. Le financement du projet Antares est assuré grâce à la contribution du CEA (DSM/Dapnia) et du CNRS/IN2P3 ; de la Région Alsace, de la Région Provence Alpes Côte d’Azur, du Département du Var, de la Ville de La Seyne-sur-Mer ; de l’Union Européenne ; et de six pays (Pays-Bas, Allemagne, Italie, Espagne, Royaume-Uni, Russie).

Contacts presse :

Françoise Auribault, 01.46.48.21.00, francoise.auribault@ifremer.fr

Magali Damoiseaux, 04.91.82.72.28, damoiseaux@cppm.in2p3.fr

Laetitia Louis, 01.44.96.49.88, laetitia.louis@cnrs-dir.fr

Pascal Newton, 01.40.56.20.97, pascal.newton@cea.fr

 

Pour plus d’informations http://antares.in2p3.fr